« Pays poreux, territoire paysan »
« - Environ –12 000 ans : début de la culture des céréales et naissance de l’agriculture.
- Moyen Âge : essor de la paysannerie sur parcelles personnelles.
- XIXe: le monde paysan constitue la moitié de la population française.
- 2019 : l’agriculture représente 1,5 % de la population active en France.
L’agriculture se meurt au détriment de complexes agro-industriels et de l’importation. Or, la souveraineté alimentaire n’est-elle pas le dernier rempart à la perte de pouvoir du peuple ? Si la paysannerie meurt, notre lien à la terre meurt et c’est la fin du corps individuel et social. Face à l’importance du monde paysan dans la pérennité et la robustesse de l’humanité, j’ai décidé d’y consacrer l’essentiel de mon travail artistique. Depuis 2024, je rencontre des paysannes qui m’ouvrent avec générosité les portes de leurs exploitations. Grâce à elles, je saisis des gestes, des paroles, des matériaux spécifiques, et surtout un magma de vie. Un magma terreux et lumineux, velu et verdâtre. Avec parfois un peu de sang, car la mort n’est jamais bien loin de la vie. Les paysannes, en s’ancrant à une terre, en deviennent l’une des composantes.
Elles ont un rôle dans le territoire, au même titre que les champignons, les minéraux, les animaux, les végétaux, les routes et les forêts. Le territoire, ou le pays, est polymorphe, entremêlé, symbiotique. C’est cette idée de porosité du territoire et de l’interdépendance de tous les acteurs de celui-ci que je souhaite porter lors de cette exposition.
Cette exposition organisée en partenariat avec l’association Excit’oeil fait suite à une résidence aux Grandes Fenêtres soutenue par l’Agence culturelle départementale Dordogne-Périgord. »
Angelina Pavlova
Biographie
Née en Ukraine en 1994, Angelina Pavlova grandit entre l’Ukraine, la Russie et la France. De nombreux déménagements et l’animosité naissante entre ses deux pays d’origine vont ques-tionner son rapport au réel. Face à la multiplicité des points de vue sur le monde, Angelina cumule les strates de pein-ture, superposant idées, croyances et espoirs. La figuration lui permet de convoquer les ima-ginaires et d’espérer questionner les récits individuels. Dernièrement, l’artiste confronte l’état de paix dans lequel elle a la chance de vivre, aux images de presse montrant la guerre dans son pays natal. Angelina Pavlova porte également le projet « Paysannes » qui lui permet de rencontrer des travailleuses de la terre pour de nouvelles créations. Elle a obtenu son DNSEP en 2020 à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Bordeaux, avec les félicitations du jury.
Angelina Pavlova vit à Sarlat (24). Site internet