Lignes de créations 2026/2028
L'écotone et la lisiere comme matrices ensibles
La ripisylve, zone de transition entre terre et eau, constirue le socle géographique et symbolique du projet. En tant qu'écotone, la lisière est un espace actif de frottement, d'échanges et de métamorphoses, concentrant une biodiversité dense et instable. Habiter les lisières s'ancre dans cette géographie mouvance par des collectes sonores, visuelles et matérielles menées in siru. Les paysages: cours d'eau, galets, îles, forêts riveraines, deviennent des partenaires de création, chacun porteur de textures, de rythmes et de temporalités propres. La lisière est aussi pensée comme une expérience sensible : un seuil, une tension fertile entre mondes. Cerce logique traverse la forme scénique, située entre son et image, narure et artifice, faisant de la géographie une dramaturgie du vivant.
Le campement néolithique comme figure fondatrice
Le projet s'inscrit dans une réflexion anthropologique inspirée du Néolithique, période marquée par la sédentarisation et l'invention de techniques de transformation et de transmission. Le campement y devient une figure centrale, organisant l'espace, les relations sociales et le lien au territoire. Les gestes fondateurs tels que nouer, tresser, modeler, cuire structurent une pensée du lieu comme système vivant. Les objets néolithiques, céramiques et vanneries, sont envisagés comme des « boîtes du monde », prolongements du corps et dispositifs de capture du vivant. Transposées dans une fiction contemporaine, ces pratiques
nourrissent une mémoire collective imaginaire. La dramaturgie suit le cycle symbolique d'une année en cinq saisons, proposant une traversée d'un monde néolithique en constante transformation.
Une installation immersive et métamorphosable
La production plastique est pensée comme une installation immersive et évolutive, non comme un décor illustratif. Les éléments scénographiques sont mobiles, transformable et polysémiques. Les toiles de tentes, conçues par modules assemblables ou fragmentables, deviennent abris, murs, sols, ciels, costumes ou supports de projection. Marquées par la végétation et le dessin, elles conservent la mémoire des lieux. Les objets céramiques sonores et éléments de vannerie participent à une dramaturgie du geste, reliant matières naturelles, pratiques ancestrales et écritures contemporaines dans un espace en perpéruelle mutation.
Une écriture issue du paysage et du geste
La création sonore et musicale constitue un axe central du projet, conçue comme une émanation directe des lieux ec de leurs transformations saisonnières. Issue d'un collectage in situ et d'improvisations, elle envisage le paysage sonore comme une partition ouverte. Les compositions enrichies par les propositions musicales de Sophie Agnel, forment une trame évolutive diffusée en acousmonium. Le sonore dépasse I'accompagnement: il structure l'espace et le temps, enveloppe le public et active le campement, réveillant, saison après saison, la vie de la lisière.