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Marie-Jeanne Hoffner

Dans le cadre des Résidences de l'Art en Dordogne 

La cave de Monbazillac et l’association Les Rives de l’Art ont offert un premier temps de recherche à Marie-Jeanne Hoffner, à l'automne dernier.
La plasticienne va mettre à profit un nouveau séjour du 24 février au 4 mars pour réaliser les oeuvres qu'elle a imaginées dans le cadre de sa résidence.

carton-hoffnerVos oeuvres sont le plus souvent réalisées pour l’endroit dans lequel elles s’inscrivent : en quoi certains lieux vous inspirent-ils ?
Je tente de comprendre les lieux dans lesquels je me trouve, souvent de manière très structurelle : il s’agit d’une observation formelle sur les éléments qui constituent l’architecture, la construction de l’espace… Et puis, j’aime beaucoup l’idée de m’y introduire de façon discrète, y poser quelque chose… y laisser une trace peut être, mais simplement regarder vraiment. Je suis touchée par ce que le lieu offre, même modeste, dans n’importe quel état qu’il soit, il raconte beaucoup et le fait que les murs aient abrité des personnes et des histoires me touche… c’est une histoire. La vie des endroits, cela me plaît. Je ne cherche pas nécessairement à les interpréter mais juste à en être le témoin, à en relever certains aspects.

Quelle serait votre définition du paysage ? En quoi participerait-il d’une dimension à la fois psychique et géographique ?
Le paysage est comme un support, dans lequel on se projette. Il est objet aux dimensions cartographiées, il peut être analysé et lu, car il a été étudié… des gens ont dessiné chaque courbe de chaque paysage. Je m’intéresse beaucoup à la notion d’arpentage, d’exploration de cartographie… sans pour autant en faire une analyse.
Le paysage contient tout cela et pour autant reste un ensemble vivant, en mouvement, et donc perpétuellement explorable. Un potentiel qui nous englobe totalement. Le plus touchant, c’est encore pour moi l’homme de dos qui regarde le paysage, qui est pénétré, habité par lui (comme chez Caspar David Friedrich), tout comme il l’habite aussi.
J’aime réutiliser ces codes du paysage, entre une mise à plat et un volume qui puisse évoquer notre relation à la construction de la notion de paysage.

Votre travail consiste en une attention particulière aux volumes et aux espaces, à révéler une sorte d’invisible : quels sont pour vous les liens entre réalité et imaginaire ?
Aborder l’absence par ce qui est palpable, en présence, me permet je crois de tenter de révéler les aspects cachés des choses, ou en tout cas c’est ce que je ressens parfois. La mise en lumière d’un volume en révèlera des zones habituellement
sombres. C’est difficile à exprimer, j’ai envie de mettre le doigt sur des choses tellement simples qu’on ne les voit plus, et qui pourtant contiennent les clefs de leur propre mystère. Un passage, un recoin, et un espace « mental » apparaît… ou peut être un espace de mémoire.

Une fois les espaces et les lieux réappropriés et réinterprétés, quelle place conférez-vous au regard du visiteur ?
Justement j’espère que le visiteur prendra ma place et mon regard, j’ai envie de l’emmener avec moi… mais ça ne marche pas toujours, il faut aussi en avoir envie ou avoir une sensibilité similaire. Ce qui compte, c’est de pouvoir le partager et de proposer ce déplacement- là. Il faut parfois accompagner ou regarder et prendre un peu le temps. Le visiteur doit franchir un seuil et entrer dans un espace. Il doit s’approprier cet espace à son tour et l'
interpréter à sa façon.

Vous avez déjà réalisé plusieurs résidences en France et à l’étranger : en quoi cette expérience artistique vous convient-elle ?
C’est pour moi l’un des meilleurs moyens de rencontrer des endroits nouveaux, des personnes, des atmosphères… C’est extraordinaire de s’acclimater à un nouvel endroit. En outre, mon travail se fait peu à l’atelier et j’ai besoin de me nourrir des lieux pour mes projets qui se déroulent principalement dans le contexte où je me situe. C’est un peu comme une collection d’espaces… je conserve quelque chose de chacun de ces lieux en moi… ça me plaît beaucoup. Il faut aussi noter que la situation artistique actuelle se constitue beaucoup autour de l’aide qu’offrent ces systèmes de résidence qui sont un accueil formidable pour les artistes.

Qu’est-ce qu’ « habiter un lieu » lors du temps de recherche qu’est la résidence ?
S’immerger, prendre le rythme de l’endroit, en connaître un peu l’histoire, croiser des personnes. Et surtout être coupé de son quotidien permet d’être là pleinement et de se confronter à soi.

Quelles ont été vos premières impressions lors de la découverte du Château de Monbazillac ?  A t-il d’ores et déjà suscité en vous certaines pistes de réflexions ?
J’ai hâte d’y passer du temps mais c’est encore trop tôt pour parler de projet précis… je songe à une pratique quotidienne de construction de maquettes pour commencer.

www.mariejeannehoffner.org

DRAC Aquitaine, Conseil régional Aquitaine, Conseil général de la Dordogne, Cave de Monbazillac, association Les Rives de l’Art
05 53 06 40 00 (Agence culturelle)
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